PDRI-GKM : Promesses, Réalités et Leçons pour l’Avenir Agricole de Gaoual, Koundara et Mali
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PDRI-GKM : Promesses, Réalités et Leçons pour l’Avenir Agricole de Gaoual, Koundara et Mali

Publié le 10/12/2025 à 14:21
PDRI-GKM : Promesses, Réalités et Leçons pour l’Avenir Agricole de Gaoual, Koundara et Mali
Le Projet de Développement Rural Intégré de Gaoual, Koundara et Mali, plus connu sous le nom de PDRI-GKM, a été lancé avec une promesse forte : transformer en profondeur l’agriculture et améliorer le quotidien des producteurs de ces trois préfectures. Avec un financement de la Banque Islamique de Développement estimé à près de 23 millions d’euros, il devait aménager des terres, construire des pistes rurales, doter les paysans d’équipements, moderniser les techniques agricoles et ouvrir la voie à une véritable sécurité alimentaire locale. Très rapidement, ce projet est devenu pour beaucoup un symbole d’espoir, une perspective nouvelle pour des zones rurales longtemps laissées en marge des grandes politiques agricoles.

Au moment de son lancement, les attentes étaient immenses. Les producteurs imaginaient des bas-fonds aménagés, des périmètres irrigués enfin fonctionnels, des routes facilitées pour évacuer leurs produits, des magasins de stockage pour réduire les pertes et une hausse réelle des rendements. Le projet promettait également une montée en compétence des agriculteurs à travers des formations, des démonstrations de nouvelles techniques comme l’UDP, et la distribution d’équipements modernes pour le labour, la transformation et le post-récolte. Sur le papier, tout semblait aligné pour créer un écosystème agricole intégré, cohérent, capable de porter Gaoual, Koundara et Mali vers une transformation durable.

Plusieurs années après, le constat est plus nuancé. Le PDRI-GKM a permis des avancées visibles : la remise d’équipements, l’organisation de formations, l’aménagement partiel de certains sites, la construction de magasins et d’infrastructures rurales qui commencent à jouer leur rôle. Dans certaines localités, des producteurs reconnaissent que le projet a apporté un souffle nouveau et ouvert des perspectives qu’ils n’avaient jamais connues auparavant. Toutefois, beaucoup s’interrogent encore sur l’ampleur réelle de l’impact par rapport aux promesses initiales.

Les discussions que nous avons recueillies sur le terrain laissent apparaître une réalité partagée : le projet a commencé à améliorer certaines choses, mais les communautés rurales attendent encore que les transformations annoncées se matérialisent pleinement. Les paysans se demandent quand les aménagements agricoles prévus seront opérationnels dans leur intégralité, si les 2 100 hectares annoncés deviendront effectivement productifs, si les pistes rurales prévues pour désenclaver les zones de production seront toutes livrées, et si les équipements distribués suffiront pour répondre aux besoins réels des groupements. Beaucoup expriment aussi le besoin d’une communication plus régulière, plus transparante, pour savoir où en est réellement le projet et ce qu’il reste à accomplir.

Ce questionnement n’est pas propre au PDRI-GKM. Les projets de développement rural intégrés rencontrent souvent les mêmes difficultés : lenteurs administratives, retard dans les travaux d’aménagement, coordination complexe entre les acteurs, communication insuffisante vers les bénéficiaires, et surtout un manque de mécanismes locaux pour maintenir les infrastructures après leur construction. Ces défis ne réduisent pas la valeur du projet, mais ils rappellent que la transformation agricole exige constance, rigueur et implication continue des communautés.

Pour que le PDRI-GKM puisse tenir ses promesses, plusieurs pistes semblent essentielles : renforcer l’implication des organisations paysannes dans la gestion des infrastructures, accélérer la finalisation des aménagements critiques, améliorer la communication entre les équipes du projet et les communautés, garantir un suivi même après la clôture du financement, et mettre en place des centres de services agricoles capables de soutenir durablement les producteurs dans la mécanisation, l’accès aux intrants, la transformation et la commercialisation.

Aujourd’hui, le PDRI-GKM n’est ni un échec, ni une réussite totale. C’est un projet en mouvement, porteur de progrès mais encore traversé d’attentes. Les populations rurales, elles, ne cherchent ni à dénigrer ni à embellir : elles veulent simplement voir leurs conditions de vie s’améliorer réellement. La question demeure donc entière : le PDRI-GKM deviendra-t-il ce moteur de transformation tant espéré ou rejoindra-t-il la longue liste des projets qui n’ont laissé que des traces inachevées ?

À Œil du Paysan, nous continuerons d’observer, d’interroger et de relayer la voix authentique des producteurs, car c’est dans cette écoute que naît la vérité du terrain et que se construit l’avenir agricole de notre pays.

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